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Tantra : origines (II)

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Parabole tibétaine

« Une parabole tibétaine exprime assez bien ce que sont ces approches. Imaginons la scène. Une fleur dont le suc et l’odeur sont mortels pousse sur le bord d’un chemin. Cette fleur symbolise les poisons spirituels qui aliènent l’esprit et qui voilent sa nature ultime : l’ignorance, la colère et l’aversion, le désir et l’attachement. Le pratiquant du véhicule des Anciens, fort de son éthique, passe à côté de la fleur de manière à ne pas être touché par elle et à ne pas respirer son effluve malfaisant. Mais cela n’empêche pas la fleur d’exister, le problème reste donc entier. Le pratiquant du grand véhicule coupe la fleur pour qu’elle ne nuise pas aux êtres qui pourraient être tentés de la sentir tant sa beauté est attrayante. Mais elle repousse et le danger qu’elle représente n’a pas disparu ; il lui faut donc inlassablement revenir pour la couper. Le pratiquant du système tantrique reconnaît la nocivité de cette fleur et la nécessité de la supprimer pour le bien d’autrui ; les techniques spirituelles qu’il connaît lui permettent de la manger intégralement, jusqu’aux racines, sans être intoxiqué par les poisons qu’il transmute. Ainsi la fleur ne représente-t-elle plus aucun danger.

Ces trois systèmes ne sont donc pas présentés comme rivaux ou contradictoires. Il s’agit seulement de moyens différents pour un approfondissement dans la reconnaissance de ce qu’est fondamentalement l’esprit. Le caractère pyramidal est celui que propose la tradition ; selon ses termes, il est impossible de pratiquer correctement les techniques du véhicule des tantras, ou d’en comprendre les aspects métaphysiques, sans l’assise de l’éthique et de l’altruisme. »
Extraits de « Le bouddhisme tantrique au Tibet » de Laurent Deshayes

Propagation géographique et temporelle du Vajrayâna

« Les plus anciens textes apparaissent au Ier siècle de notre ère et se diffuseront à partir de l’Inde vers le Népal (sur fond d’hindouisme), puis en Corée, au Japon, en Chine, dans l’Asie du Sud-Est et au Tibet.

Le Vajrayâna se développe dans les régions frontalières de l’Inde, au nord-ouest, dans la vallée de Swat, à Oddiyana, au Cachemire et, à l’est, au Bengale et en Assam. La dynastie Pala (IX-XIIème siècle), au Bengale, lui accorde protection et patronage et crée des institutions monastiques où est étudiée la littérature tantrique. Dans le sud de l’Inde, à Kanchi, dans l’Andhra Pradesh, à Sri Parbat, s’ouvrent également d’autres académies.

Il se répand hors des frontières de l’Inde à la demande des cours royales et impériales de Chine, du Japon dès le VIIème Siècle, du Tibet au VIIIème Siècle, puis de la Mongolie. En Indonésie, Borobudur sera construit au VIIIème siècle.

Les moines érudits et les penseurs des grandes universités bouddhiques indiennes partent chargés de textes sacrés, de commentaires et de peintures représentant les déités. Ces religieux lettrés vont s’atteler à l’enseignement et à la traduction des textes pour répandre la doctrine. Nombreux sont aussi les maîtres ermites, les mahâsiddha, hommes ou femmes yogi tantriques, qui préfèrent une vie libre de toute entrave et de toute dépendance à une institution, parfois entourés de disciples à qui ils transmettent cette connaissance ésotérique.

Ainsi la tradition tantrique traverse-t-elle l’espace et le temps par différentes voies, elle s’implante et s’enracine lentement, et quand le bouddhisme tantrique est définitivement éradiqué de l’Inde au XIIIème Siècle, elle a par ailleurs gagné force et droit de cité au Japon (école Shingon), au Tibet chez les Néwars de la vallée du « Népal ». Aujourd’hui dénommée et connue comme « vallée de Katmandou », elle fut un véritable carrefour entre l’Inde et le Tibet, un foyer religieux et culturel très actif qui instruisit et inspira le tantrisme tibétain. Ce fut aussi un refuge pour nombre de maîtres bouddhiques, intellectuels et d’artistes après les invasions musulmanes et la destruction des grandes universités en Inde. »
Extraits de « Tantra de Chandamahârosana »

« La diffusion de cette forme de bouddhisme, volontiers qualifié d’ésotérique en Occident, fut bien entendu tardive. Pratiqué dans le nord de l’Inde – vallée gangétique, Cachemire et Bengale –, il gagna d’abord la Chine et le Japon, puis la haute Asie, du plateau tibétain aux steppes mongoles. »
Extraits de « Le bouddhisme tantrique au Tibet » de Laurent Deshayes

Cet article contient des mots qui cherchent à décrire ce qu’est ou ce que n’est pas Tantra à mon sens.  La  meilleure compréhension restant l’expérimentation, je vous invite à expérimenter Tantra !

Eric

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